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dimanche, le 25 septembre 2016.

Rapports aux corps

Je vous l’ai annoncé très clairement dans mes précédents articles, le fil conducteur de cette rubrique, c’est mon chemin de vie et la marque que j’aimerais lui imprimer. Donc forcément, je vais vous parler de mes réflexions et expériences personnelles. Elles valent ce qu’elles valent bien sûr et chacun en pensera ce qu’il veut, mais j’espère qu’elles trouveront écho et qu’elles seront, au minimum, agréables à lire.

Une de mes constatations les plus flagrantes, c’est que le cheminement est fort imprévisible : rien ne laisse présager qu’une porte ouverte va en ouvrir d’autres, parfois en cascade. La vision des choses change sur un point, entraînant dans son sillage une série d’autres changements dans la manière de voir et de percevoir.

Suis ta propre voie/voix et épanouis-toi à ton ryhtme !

Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai modifié mon alimentation en me tournant vers le bio, j’ai fait pareil pour les produits d’hygiène pour le corps et le maquillage. L’étape d’après a été de cesser d’utiliser des teintures pétrochimiques pour cheveux et d’assumer ma couleur naturelle malgré mes quelques cheveux blancs (je suis très heureuse avec le recul de ne pas avoir touché à ces choses-là avant mes trentes ans !). J’y suis arrivée après quelques colo moins agressives qui m’ont permis de retrouver une couleur se rapprochant de ma teinte d’origine. J’ai fait ce choix parce que mes cheveux sont très longs et que je n’avais aucune envie de les couper. (Mais fermons là la parenthèse « cheveux » car ce n’est pas le sujet.)

Ce que je n’avais pas prévu....

En parallèle à tous ces changements, j’ai pris quelques kilos. Ce n’était pas intentionnel, du moins dans un premier temps : j’ai retrouvé le goût et le plaisir de cuisiner, mais aussi de profiter des plaisirs de la vie comme je ne l’avais sans doute jamais fait. En septembre dernier, me voici avec 7 kg de plus sur la balance. Ce qui me fait 50kg pour 1m59. Je ne rentrais plus dans mes vêtements XS et la question du régime s’est posée. Mais était-ce bien raisonnable ?

J’ai décidé de prendre le temps d’y réfléchir et d’analyser la situation. J’ai remarqué beaucoup moins de regards d’hommes sur moi, parce que oui, j’avais l’habitude de me faire pas mal draguer ces dernières années. Pire, certains dans mon entourage professionnel se sont permis de me faire ouvertement part de leur déception quant à mes changements capillaires, gratiné d’un « et tu n’as pas un peu grossi ? ». Ca a été dur, très dur, je ne vous le cache pas. Je ne savais plus quoi faire de ce corps que je ne reconnaissais pas et que je n’aimais plus alors même que je me sentais si bien dans mon nouveau mode de vie. Quel paradoxe !

Pour finir, ces constats m’ont tout simplement poussée à ne pas perdre les kilos pris. Je me suis rendue compte que mon image de moi était plus façonnée par le regard des autres et par les discours ambiants que par des éléments objectifs et réellement personnels. Tout ça alors même que je partage la vie d’un homme merveilleux et amoureux. Cherchez l’erreur. J’étais tiraillée entre l’envie de retrouver mon corps d’avant et l’absence totale d’envie de me contraindre à nouveau. Et puis surtout, je veux être cohérente, le plus possible… ah ces fameux paradoxes ! Quand on commence à les traquer, on ne s’arrête plus.

J’ai bien dû accepter les conclusions qui s’imposaient à moi : il y a toute une frange de la population masculine qui est attirée par la maigreur extrême et par la blondeur artificielle. Pas par un visage, un profil, une allure générale, non. Ca bande devant la maigreur et plus la maigreur est blonde, mieux c’est. Est-ce que j’ai envie de m’inscrire là-dedans ? Non, bien sûr que non ! Je suis maman d’un garçon et je m’efforce dès que possible de lui expliquer à quel point l’image de la femme véhiculée dans les médias, les films, etc. est artificielle, fausse, tronquée, que la beauté de la femme n’est pas celle-là. Messieurs, bandez, mais bandez sain s’il vous plaît !

Donc j’ai entamé un travail sur moi-même, ça a été long et parfois douloureux. Mais aujourd’hui, une année après avoir amorcé cet énième changement dans ma vie, je peux vous annoncer que j’ai relevé le défi. Je me sens bien dans mon corps mentalement, mais physiquement également puisque j’ai bien plus de force qu’avant, que je marche 4 km chaque soir, etc. Et je veux tenir bon et accepter sur le long terme que mon ventre ne soit plus plat, que mes fesses prennent plus de place, accepter d’avoir des muscles, accepter d’avoir un corps de femme somme toute « classique ». J’ai la rage parce que je suis persuadée que moi aussi, quelque part, une mauvaise image de la femme s’est imprimée dans mon cerveau – je ne sais pas quand, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Il n’est pas normal que je me sentais sexy uniquement quand j’avais le ventre plat et que je pesais 43kg. Je me croyais à l’abri et je ne l’étais pas….

Il m’arrive encore de douter, alors je me tourne vers mon amoureux, il sait ce qu’il doit faire : me dire que j’étais trop maigre, que j’avais la peau sur les os, que je suis un être humain, pas un porte-vêtements, que je suis belle. Mon amoureux, je le trouve intelligent, plein de maturité, de respect pour la femme, beau aussi. Il aime la nature et fuit les fioritures. On se ressemble beaucoup. C’est ce genre de regard que je veux posé sur moi. Et il va s’en dire qu’en étant maigre et peroxydée, ce n’est pas forcément ce genre d’hommes qu’on attire à soi. Pensez-y si vous chercher l’âme sœur…

Si j’ai décidé de partager avec vous cette expérience, c’est parce que j’ai lu le témoignage d’une femme souffrant d’anorexie qui racontait tout bonnement ce que je viens moi de vous raconter, c’est-à-dire que plus elle se voyait maigrir, plus certaines personnes lui renvoyaient une belle image d’elle. Ses mots ont donc légitimé mes constations et j’ai eu envie moi aussi de transmettre ce qui est, j’en suis certaine, un état de faits.

J’ai envie de terminer cette chronique en vous invitant à regarder certains vieux films. Je pense notamment à « 1984 » qui date de… 1984. Julia, l’héroïne, se montre nue plus souvent qu’à son tour. Et s’il est vrai qu’elle est fort mince (parce que chacun sa constitution aussi hein), elle a un physique atypique, son pubis n’est pas rasé et bien fourni, ses aisselles sont poilues et, chose qu’on ne voit plus aujourd’hui, ses vergetures sont visibles dans l’un ou l’autre gros plan. On est loin de l’image véhiculée dans les publicités, les magazines, etc. Ceux-ci nous vendent du rêve ? Malheureusement pas du rêve qui nous fera avancer, grandir, nous sentir mieux, non. Du rêve qui nous laissera tous frustrés, mal dans notre peau, malheureux, incapable de profiter de la beauté qui émane de la diversité des corps, de la nature, de la vie, la vraie.

Est-ce que c’est vraiment du rêve alors qu’ils nous vendent ? Tu y réfléchis et tu me dis ce que toi tu en penses ?

Nessa D.

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